L’emploi des jeunes, l’enjeu majeur du prochain quinquennat

 L’emploi des jeunes est de plus en plus problématique au Sénégal. Plus de la moitié d’entre eux n’arrivent pas à obtenir du travail à la fin de leur formation. Ils pointent du doigt la passivité des autorités.

Le président sortant a promis la création de 1 million d’emploi en faveur des jeunes. Au Sénégal, l’insertion des jeunes diplômés est l’un des thèmes de campagne. Cette frange de la population, qui devient de plus en plus nombreuse, est souvent confrontée au chômage à l’issue de leurs études. « Trouver un travail à la fin de ses études devient un véritable parcours de titan dans un pays où le taux de chômage grimpe d’année en année », déclare Ibrahima Faye, habitant à la Médina à Dakar.

Les craintes d’Ibrahima sont renforcées par  la dernière étude réalisée par l’ANSD en 2017 sur l’emploi. L’étude révèle que plus de la moitié des jeunes ne travaillent pas. Ces derniers sont généralement âgés entre 15 à 30 ans. Au regard d’une telle situation, à la fois problématique et inquiétante, les jeunes interpellent les autorités pour une meilleure prise en charge de cette question.

La résorption du chômage doit être, aux yeux de beaucoup de jeunes, le cheval de bataille des politiques. Cependant, certaines populations demeurent de plus en plus perplexes face aux promesses politiques car elles notent un réel décalage entre celles-là et la réalité. « En 2012, avant son élection, Macky Sall avait promis 500 000 emplois aux jeunes. Mais, il n’est pas allé au bout de cet engagement. Il n’a même pas atteint la moitié, sinon cela se sentirait dans le quotidien des jeunes », se convainc Samba Sarr, étudiant à l’Ucad. Nombreux sont les jeunes qui estiment que la situation semble plus complexe. Force est de constater que l’insertion professionnelle des jeunes diplômés reste toujours problématique, voire insoluble. « Nous nous inquiétons profondément de notre avenir », finit-il par laisser entendre.

L’autre question serait aussi d’améliorer l’employabilité des jeunes en primant l’excellence par une embauche directe des meilleurs étudiants des universités publiques comme privées. Il s’agira de renforcer, d’après Soda Diop, étudiantes à la Faseg, par un stage, leurs capacités et leurs aptitudes à travers l’acquisition de compétences techniques et professionnelles en matière d’administration et de gestion.

 Inadéquation formation-emploi

Abordant la question de l’emploi des jeunes, Abdoul Aziz Seck du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3Fpt), joint au téléphone, estime que le problème de l’emploi des jeunes demeure « un enjeu de taille » qui, pour l’amoindrir, appelle à « une prise en charge holistique ». Ainsi, il exhorte les autorités d’outiller davantage les établissements de formation technique et professionnelle et d’accompagner les jeunes porteurs de projets « fiables » à les réaliser. A en croire M. Seck, c’est dans cette démarche que s’inscrivent les missions du Fonds de formation professionnelle et technique depuis sa mise en place. « La majorité des jeunes qui demande de l’emploi n’ont pas de qualification».

Dans sa communication, M. Seck a également eu à souligner la question de l’inadéquation des formations offertes et les besoins du marché de l’emploi. Il avance par ailleurs que les jeunes « perdent souvent de vue » les métiers d’avenir tels que les hydrocarbures ou l’agrobusiness et préfèrent s’investir dans des formations à l’issue desquelles « ils auront des difficultés à trouver un emploi ». Aux fins de remédier à la problématique, Abdoul Aziz Seck considère que les établissements scolaires, du lycée à l’université, doivent tourner vers les métiers du futur.

Boubacar DIENG et Lamine DIAGNE

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