Insuffisance rénale et cancer, les gangrènes du système sanitaire

Le débat sur la santé a été relégué au second rang dans les programmes des candidats à la présidentielle sénégalaise. Des questions de santé publique ont tout simplement été occultées comme le traitement des cancers ou les insuffisances rénales. Les malades attendent pourtant toujours des propositions concrètes. 

Les maladies chroniques constituent une question de santé publique majeure. Toutefois, elles sont absentes des programmes des 5 candidats à la présidentielle sénégalaise de février 2019. Un constat amer pour Soukey Fall dont la mère souffre d’insuffisance rénale. La quarantaine révolue, elle dénonce le coût excessif du traitement, l’inaccessibilité des structures publiques malgré la gratuité effective de la dialyse.

Des efforts ont été consentis pour améliorer la prise en charge des insuffisants rénaux. De 5 centres d’hémodialyse en 2007, chaque région dispose aujourd’hui d’un service de néphrologie en plus de 3 structures privées présentes à Dakar. Celles-ci constituent la seule alternative pour de nombreux malades inscrits sur les longues listes d’attentes des hôpitaux publics.

Une convention lie l’Etat à l’institut clinique de perfectionnement sis à Fann. Ndiaga Marone responsable du centre de dialyse liste les attentes et propositions des structures privées pour une prise en charge plus efficiente des malades.

Vers une subvention des soins?

Si le traitement de l’insuffisance est gratuit dans les structures publiques, il en est autrement du traitement du cancer. Seuls les médicaments génériques font l’objet d’une subvention, et ils ne sont pas à la portée de la bourse du sénégalais moyen. Ces soins génériques sont de moindre qualité comparé à ceux vendus en pharmacie. Cela justifie la différence notable de prix. Les malades prennent en charge leurs traitements majoritairement avec l’aide de leurs familles. Le coût des médicaments bien que subventionné par l’Etat par le biais de la pharmacie nationale d’approvisionnement reste exorbitant pour les cancéreux et hémodialysés. Trouvé dans une officine privée qui se situe au Centre-ville Le Dr Cheikh Tidiane Lah regrette le monopole de la fourniture des médicaments génériques par La Pharmacie Nationale d’Approvisionnement.

Ainsi, une subvention de l’Etat pourrait permettre de libéraliser l’accès aux médicaments et éviter les ruptures fréquentes de stocks dans les structures publiques.

Acteur majeur du secteur de la santé le Dr Abdou Aziz Kassé oncologue de renommée internationale estime que la santé n’a pas occupé une place centrale dans les projets de société proposés par les candidats. Il dénonce la politique de lutte contre le cancer. Des mesures en amont doivent être prises pour combattre de façon efficiente cette maladie chronique. Outre la prévention, l’établissement d’une base de recensement peut permettre d’avoir le nombre exact de personnes atteintes de cette pathologie. Il égrène ses perspectives.

Les propositions des acteurs de la santé ne manquent pas pour atténuer les charges supportées par les patients des pathologies chroniques. Le diagnostic du secteur montre un fonctionnement sous anesthésie. Un traitement préventif et une politique volontaire sont requis du prochain locataire du palais. Pour le moment rien ne présage la réalisation de ces vœux,  si on se réfère aux programmes politiques prescrits par les candidats .

Binetou GUEYE et Mamadou DIALLO

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