Au zoo de Hann, les animaux souffrent de l’insalubrité

Un chimpanzé qui regarde les visiteurs

Le parc zoologique de Hann a perdu son peuplement d’antan. L’insalubrité, l’étroitesse des enclos font vivre les animaux dans un stress quotidien. Un candidat à l’élection voudrait les « rénover ». Il y a urgence. 

« Les parcs nationaux sont presque morts, que ce soit Hann, Niokolokoba. Je voudrais donc relancer les parcs nationaux »

Telle est la promesse électorale de Ousmane Sonko lors de son rassemblement à Mbour. Il est le seul candidat à avoir exprimé le désir de rénover les parcs nationaux durant cette campagne électorale de la présidentielle 2019. L’Afrique dispose d’une riche variété d’animaux sauvages, dont le lion, le roi de la forêt. Pour préserver ce patrimoine animalier, et permettre aux populations de réaliser des immersions dans un monde sauvage, l’aménagement de ces sites zoologiques est devenu très urgent. Le cadre de vie des animaux devient inquiétant, comme le démontre cette lettre ouverte.

Le zoo de Hann accueille des visiteurs six jours sur sept depuis 1903.  Le site dispose d’une aire forestière et ethnobotanique en plus, de celle zoologique. L’Etat du parc, Hann comme les autres parcs nationaux est un problème relayé ces derniers temps sur les réseaux sociaux. Une visite s’impose.

A quelques encablures des Maristes , s’érige le populeux quartier de Yarakh situé à, environ 6km du centre de ville de Dakar. Le parc forestier et zoologique de Hann, se hisse sur la route des pères maristes. Un embouteillage fou se dessine devant l’accès principal du parc (c’est un axe principal). Au-delà de la bruyante route, un paisible endroit se dévoile. Un sentier bitumé, d’une centaine de mètres permet d’enclencher une marche réconfortante, les affligeants rayons de soleil atténués par le feuillage des arbres.

L’allée dégagée mène à la grande statue d’un lion majestueux dressée sur le carrefour. Il faut arpenter le sentier de droite pour découvrir le parc animalier. Les agents se chargent de la facturation de la visite. En 2012, le zoo disposait d’une centaine d’espèces. A présent, les sept hectares peine à se peupler à nouveau. D’où l’existence des enclos vides et des bassins avec des eaux stagnantes.

zoo, un endroit calme… et triste

Les cancanements des canards déchirent tout d’un coup la plate atmosphère régnante. Quatre canards se dandinent dans une grande fosse, la marre verdâtre au milieu de leur logis. Près des canards, quelques crocodiles se laissent bercer par les rayons solaires. Une bande de chérubins s’excite devant un singe acrobatique. « Golo Feecal ma » (Danse pour nous Chimpanzé), disaient-ils.

Un peu plus loin, Matar, le lion, s’affaisse devant les grilles de son enclos circulaire.  Un autre couple de lions s’empare de leur ration de viandes. L’un deux traine sa patte avant rougeâtre. Le museau présente des soupçons de poils. Même constat chez le chimpanzé. Il se balade nonchalamment dans sa cage à l’arrière du zoo, les patates, aubergines et les choux sont ses seuls compagnons.

Le chacal, enfermé, un peu plus loin, fait le tour de sa petite cage dans des mouvements répétitifs. Une odeur nauséabonde remplit l’atmosphère près de son gîte. Les babouins et les ouistitis semblent être les plus gais du zoo. Leurs cris stridents déchirent par moment, l’ambiance, les oiseaux s’y mettent aussi. Le charognard étale ses longues ailes afin de les sécher, après le nettoyage de sa cage.

L’entretien et l’insalubrité sont ses principaux défis. Malgré le déplacement effectué sur place afin de recueillir son avis, la direction du parc n’a pas été en mesure de se prononcer.

Aissatou Mbosse Seck et Ndeye Fatou Diery Diagne

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