Les pêcheurs de Soumbédioune entre vague d’espoir et océan de désillusion

La pêche constitue l’un des secteurs clés de l’économie sénégalaise. Elle représente 1,8% du produit intérieur brut. Cependant, les pêcheurs établis à Soumbédioune, semblent ne pas tirer leur épingle du jeu. Ils interpellent le futur président de la République à revaloriser leur secteur.

Un ciel nuageux, des vagues  déchaînant et un vent  soufflant à vive allure, Soumbédioune affiche un visage inhabituel. Le drapeau rouge  flottant au-dessus, l’heure n’est point propice pour la pêche .Et  des  centaines de pirogues sont stationnées sur le sable fin.

Les mareyeurs, par petits groupes commentent les résultats provisoires du scrutin du 24 février dernier.

Les mareyeurs commentent les résultats provisoires du scrutin

 

 

Réunis au tour d’une pirogue et cantonnant la même chanson, les plus optimistes conjuguent leurs forces. A bord de leur embarcation ils défient la mer dans l’espoir de faire une pêche.

Situé au quartier de la Médina sur la corniche Ouest de Dakar, Soumbédioune fait partie des endroits les plus emblématiques en matière de pêche au Sénégal.  La plupart des marchés de Dakar y tirent l’essentiel de leur provision en poisson.

Cependant, les pêcheurs, en majorité des lébous sont confrontés à d’énormes difficultés qui ralentissent la bonne marche de leur secteur.

 

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Les mareyeurs menacés d’expulsion

L’avancée de la mer et le tunnel qui jouxte le quai constituent  les principaux facteurs qui participent à son étroitesse.

Les pirogues  entassées comme des sardines sur la plage, et à même sous les tentes  illustrent bien  cet état de fait.

Des difficultés liées à la présence des bateaux étrangers dans l’espace maritime sénégalais et le déficit   de matériel de conservation  des poissons impactent  lourdement sur les revenus des pêcheurs.

Il ne faut pas perdre de vue que la mer est devenue un véritable dépotoir. Ceci impact sur l’écosystème marin. Pis, encore, ces déchets peuvent entraîner l’extinction d’espèces les plus exposées. « C’est nous qui consommons ces poissons et par conséquent notre santé peut en prendre un sacré coup » s’indigne A. S.

Cris de détresse des pêcheurs

Face à ces difficultés qui plombent leur secteur, les pêcheurs interpellent le futur président de la République pour une solution définitive de leurs préoccupations.

Assis sur une table d’une gargotière installée à quelques encablures du quai, vêtu d’un pull-over, casquette rouge sur la tête et lunettes noires  fumées bien vicées, Abdoulaye Diagne, pense que le secteur de la pêche doit être une urgence pour le prochain chef d’Etat.

Promesse de campagne électorale

La pêche demeure l’une des activités les plus importantes dans l’économie nationale. Mieux, elle représente à elle seule 12,3% des recettes d’exportations.  Conscients de sa place dans l’économie nationale. Les différents  candidats à l’élection présidentielle ont tous réservé la part belle à ce secteur dans leur programme de gouvernance.

D’emblée, ces derniers ont tous promis de redynamiser le secteur de la pêche.

 

Attentes des mareyeurs

Abondant dans le même sens, Abdoulaye Sylla estime que l’Etat doit mettre en place une banque réservée aux pêcheurs pour prétendre davantage de financements. Trouvé en train de s’affairer autour de sa pirogue, pour les derniers réglages avant son embarcation en mer, Amadou Seck exerce ce métier depuis 1977. Originaire de Mbour, ce quinquagénaire estime que le président qui sera élu devra faciliter les pêcheurs des sites à usage d’habitation. « Nous exigeons une cité des mareyeurs à l’image des autres corps de métiers» lance Ousmane Seck.

Amy Keita-Badé SECK

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