Les journalistes sous le feu des projecteurs pendant la campagne

Pendant 21 jours, la campagne électorale au Sénégal a été scrutée de partout. Les journalistes, qui ont contribué à la première alternance en 2000, ont reçu un traitement particulier. Pour autant, ils se sont donné les moyens de bien faire leur travail.

Les journalistes ont été sur le devant de la scène durant ce premier tour de l’élection présidentielle 2019 au Sénégal. Si certains ont salué la couverture médiatique du scrutin, d’autres l’ont critiquée. Plusieurs polémiques concernant les journalistes ont eu lieu. Certains ont même accusé quelques groupes de presse d’être à la solde de l’Etat, en donnant des tendances favorables au Président sortant Macky Sall.

Parmi ces groupes décriés, il y a le Groupe Futurs Médias. Les partisans de l’opposition jugent que leurs journalistes ont donné des tendances alors que les votes venaient à peine de se terminer. Sur les réseaux sociaux, des insultes ont même été proférées.

Ces critiques, El hadj Ndiogou Diène les bat en brèche. Pour le rédacteur en chef de la RFM (Radio Futurs Médias), leur travail n’est pas à remettre en cause. « Ce n’est pas la première fois que la RFM diffuse des tendances. Depuis 2007, à chaque élection nous travaillons avec un statisticien pour faire des projections et donner des tendances. Il n’y a jamais eu de problème. Jamais personne n’a eu à nous critiquer. Maintenant la question qu’on se pose c’est pourquoi les gens s’insurgent seulement aujourd’hui ? C’est une démarche incompréhensible et malhonnête. Pourquoi ces gens ont eu à accepter ces tendances là et à les glorifier, tout en les fustigeant aujourd’hui ?peut être que ça ne les arrange pas », déclare-t-il.

Ces critiques ont été d’autant plus virulentes que la RFM a commencé à donner des tendances aux alentours de 19 heures. Les détracteurs jugeant que c’était trop tôt, et que ces chiffres étaient pré-fabriquées.

 

Une couverture à la hauteur de l’événement

La RTS a aussi essuyé des critiques de la part des téléspectateurs et des internautes. Mais la chaîne a cherché à innover pendant la campagne A la Radiotélévision sénégalaise (RTS), la campagne a occupé une très grande place. Des innovations ont vu le jour. Selon le journaliste Pape May Diop, il fallait être à la hauteur. « Nous avions une équipe pour suivre chaque candidat. Chaque équipe était composée d’un journaliste, d’un preneur de son, d’un cameraman et d’un chauffeur. Tout ça était à la charge de la RTS, comme le stipule la loi. Au-delà de ça la RTS  a innové avec le magazine  « Li si campagne bi » présenté par Anne Marie Gomis. C’est un magazine quotidien qui avait plusieurs rubriques concernant la carte électorale, les différentes circonscriptions, comment voter, les échanges avec les organisateurs de cette élection (…). Il y avait également le journal de la campagne où chaque candidat disposait de sept minutes pour dérouler son programme », explique-t-il.

Dans le privé aussi, ils n’ont pas lésiné sur les moyens. La RFM a également déployé ses journalistes pour une couverture optimale. « Le travail des autres jours est différent de celui que l’on fait lors d’une élection. L’élection est un événement à part entière. C’est l’avenir du pays qui est en jeu. Nous avons dépêché des envoyés spéciaux pour suivre chacun des cinq candidats. La logistique a aussi été renforcée. Nous avons aussi pris des étudiants pour renforcer nos effectifs. Tout cela dans le but d’assurer une couverture parfaite de cet événement », assure El hadj Ndiogou Diène.

Auditeurs, spectateurs et lecteurs de presse papier, tous ont été tenus en haleine par cette course à la présidence. Leurs avis sont mitigés concernant la qualité de la couverture de cette campagne.

Mamadou Bippa CISSOKHO et Oumar dit Boubacar Wane NDONGO

A propos de Ndongo Omar 8 Articles
Etudiant au Cesti. Blogueur. Libre penseur

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