Nouveau mandat présidentiel : Les attentes des cordonniers

Au Sénégal, les fabricants de chaussures locales occupent une place importante dans l’artisanat du pays mais sont pourtant pas pris en compte. A l’attente des résultats de l’élection présidentielle, ils retiennent tous leur souffle. Pour la plus part, ils espèrent voir un candidat qui prône la revalorisation du secteur artisanal local au-devant de la scène à l’annonce des résultats finale.

Au Sénégal, l’élection présidentielle c’était le 24 février dernier. Pour l’occasion, ils étaient des millions de sénégalais à accomplir leur devoir citoyen. En tête de liste pour la course à la magistrature suprême, le président sortant Macky Sall, l’ancien premier ministre Idrissa Seck, le député Ousmane Sonko, qui est la révélation de la sphère politique sénégalaise, le Pofesseur El Hadj Issa Sall et l’ancien ministre des affaires étrangères Madické Niang. Pour briguer les suffrages des six millions d’électeurs, les différents candidats à cette présidentielle ont chacun développer un programme qui prend en compte pratiquement tous les secteurs d’activités du pays.

Au Sénégal, la majeure partie de la population s’active dans plusieurs secteurs notamment : l’agriculture, ou encore la pêche.cependant une activité se démarque du lot:l’artisanat. Les artisans Sénégalais pour la plus part transforment et confectionnent des produits essentiellement locaux. on peut citer par exemple la transformation des peaux de mouton, de bœuf ou encore de chèvre. Les artisans avec la matière obtenue, confectionnent des babouches et des sandales communément appelés « Marakhich». Pour tous ces artisans qui interviennent dans ce domaine ou dans bien d’autres, le programme des différents candidats relatif à leur secteur est ce qui retient le plus leur attention.

Parmi les cinq programmes déroulés en période de campagne, un a attiré particulièrement leur attention , celui de Madické Niang. Dans sa vision pour le Sénégal intitulé : « Jamm ak khéweul », l’ancien ministre insiste sur « la privilégiassion du secteur local, la revalorisation du secteur national dans toutes ses composantes ou encore des coopérations qui vont prendre en compte de manière beaucoup plus profonde les aspirations des artisans locaux ». Autant d’axes similaires affinés par Madické Niang dans son programme qui fait converger les espoirs de certains fabricants de chaussure locaux en lui.

L’enjeu de l’élection présidentielle pour les artisans

La rue 15 de la médina qui est l’un des quartiers les plus populaires de Dakar, est devenu aujourd’hui le fief des fabricants de chaussures locales. Ici on pense toujours à l’avenir du marché local. Malgré la rude concurrence des chinois qui empiète sur leur gain et une mise en rade de la part du système, ces artisans affichent le sourire en cette période électorale. Un sourire qui vire au jaune dès que les problèmes d’ordre professionnel sont abordés notamment celui du consommé local.

Ici les ateliers des fabricants de chaussures font la loi. A la devanture de ces ateliers, ce sont des tas de déchets issus de leur fabrique qui accueillent le visiteur. A l’intérieur, sont exposés des babouches et des sandales faites en peau de mouton, de bœuf ou encore en cuir. Elles décorent ces ateliers dont le plus petit abrite au moins quatre fabricants. Ces chaussures sont l’œuvre d’artisans pour la plus part âgés de dix-neuf à quarante-cinq ans, tous des hommes. Assis devant sa machine, Bassirou Sène la trentaine est propriétaire d’un atelier à la rue 15 de la Médina.

Chemise beige écouteurs au cou, il est neuf heures quand il débute la confection de sa première chaussure de la journée. Concentré sur le travail, il redimensionne une peau en cuir à l’aide d’un couteau qui doit couvrir la semelle d’une babouche de pointure trente-huit. Pour cet artisan qui fait ce métier depuis près de dix ans, à la veille de la proclamation des résultats du scrutin de dimanche dernier, comme tous les autres Sénégalais, il retient son souffle. « La question de la revalorisation du secteur local notamment chez nous les artisans sera t-elle  prise en compte par le nouveau président élu? » telle est la question qu’il se pose depuis le début de cette présidentielle.

« Il est temps que les gouvernants de ce pays nous fasse aussi confiance et jette un regard approfondi sur ce que nous  faisons. 98% de la population sénégalaise portent des babouches ou des sandales quand ils mettent une tenue traditionnelle, et ces chaussures sont pour la plus part fabriqués par les artisans locaux. Tout le monde en porte et après on s’en fout, ce qui n’est pas normal. Nous aussi contribuons à l’économie du pays, alors il est temps que l’Etat aussi s’intéresse à nous. En mettant en place un bon système de consommation locale et d’exportation, on pourra nous fabricants de chaussures contribuer beaucoup plus à l’économie du pays puisque les chaussures qu’on fabrique sont souvent commandées hors du Sénégal ».

A l’instar de Bassirou Sène ils sont nombreux ces artisans fabricant de chaussures pour qui cette élection présidentielle représente beaucoup d’enjeux.

Adama Deme et Alpha Ascofaré.

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