Les étudiants de l’Ucad sont-ils engagés ou ont-ils été instrumentalisés pendant la campagne présidentielle ?

une longue file d'attente à l'entrée du restaurant argentin de l'UCAD (Photo : Eunice Zounon)

A l’Université Cheihk Anta Diop de Dakar, politique rime avec vie quotidienne. Presque toutes les forces politiques y sont représentées. L’on découvre des étudiants de plus en plus engagés dans les débats politiques. Malgré les rapports qu’ils entretiennent avec ces politiques, leur situation sociale laisse toujours à désirer.

En cette période électorale, les étudiants constituent un gros morceau électoral pour les politiques. A l’Université Cheikh Anta Diop, ils sont environs deux mille sénégalais convoités par les cinq candidats en lice pour le scrutin présidentiel. Pour convaincre ces élites de demain, tous les moyens sont bons y compris l’instrumentalisation. Au pavillon S du campus social de l’Ucad, se trouve le quartier général des mouvements d’étudiants qui regroupe plusieurs amicales. Bassirou Sène étudiant et militant du Parti République des Valeurs estime que les étudiants sont instrumentalisés par les hommes politiques.

Un avis pas partagé par tous. Pour Mouhamed NDOUKOUMANE étudiant en science politique, tel n’est pas le cas.

Pour l’analyste politique Benjamin Diagne, le mot ‘’instrumentalisation’’ est exagéré.

 

L’adage selon laquelle « les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient » trouve bien son contexte dans les rapports étudiants-politiques au Sénégal. Lors de la campagne électorale précédente, le défilé des différents candidats a eu bel et bien lieu. Tous sans exception aucune ont promis des conditions de vie meilleure aux étudiants. Par exemple, Idrissa Seck le candidat du parti Rewmi s’est engagé  « à la réforme de l’enseignement supérieur en dotant les universités de budgets conséquents… en construisant des amphithéâtres bien équipés, un campus social doté de chambres confortables avec une qualité de restauration correcte soumise aux exigences de contrôle de qualité plus strict ». A force de rabâcher cette chanson aux dits bénéficiaires, le disque est rayé. C’est du moins ce que pense  Eloi Nzalé étudiant à la faculté des Sciences Juridiques et Politiques.

Chaque année, des grèves tous azimuts entachent le processus académique dans les universités publiques du Sénégal. Et pour cause, le non-paiement dans les délais des bourses et autres préoccupations liées à la restauration et au logement. Ceci dénote de l’importance du volet social dans la vie estudiantine. Mais pour l’analyste politique  Benjamin Diagne, le programme des différents candidats des présidentielles 2019 est assez pauvre en termes d’amélioration de vie sociale des étudiants.

https://soundcloud.com/user-495843937/benjamin-diagne-2-analyste-politique

Construit à l’origine pour accueillir 15 000 étudiants, l’Ucad compte aujourd’hui plus de 80 000 étudiants. Cette surpopulation dépasse de loin les capacités de l’université.  Une situation mal vécue par les usagers du campus.

Du haut de ses quatre étages, le pavillon L se situe  à l’ouest du campus social. Derrière ce pavillon se trouve un dépotoir. Malgré l’installation des poubelles, les ordures ménagères jonchent le sol au quotidien. Pourtant un service mobilisé par le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar est chargé d’assurer la propreté des lieux. En outre l’Ucad est devenu le lieu de prédilection des animaux en divagation. Pour couronner le tout, les odeurs nauséabondes provenant souvent des tuyaux d’évacuation  et des caniveaux rendent le campus de plus en plus impraticable.

L’université Cheihk Anta Diop est un enjeu électoral pour les politiques mais souvent laissé pour compte une fois les élections achevées. Egalement pépinière d’un militantisme politique, elle nécessite un investissement de la part des décideurs pour que rayonne ce haut lieu du savoir.

Tidiane CISSE et Eunice ZOUNON     

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