UCAD : L’éternel dialogue de sourds entre le Coud et les repreneurs de restaurants

Le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) est un établissement public à caractère administratif. Il est chargé de la prise en charge des étudiants aux plans de l’hébergement, du social, de l’épineuse question de la restauration entre autres.

Le chef du Département de la gestion des cités universitaires et de la vie estudiantine, Khalifa Diagne, une des autorités du Coud trouvée dans son bureau, considère que la question de la restauration est plus que centrale. Il affirme :  »l’ouverture du campus social constitue une question primordiale, mais elle ne peut se faire sans s’assurer d’abord de la vitale prise en compte de la restauration. Le fait d’ouvrir les campus sans les restaurants dans une cité qui accueille 100.000 étudiants, fait courir d’énormes risques. »

En effet, M.Diagne estime qu’il préfère faire face à la revendication des étudiants que d’ouvrir le campus sans assurer la restauration. C’est la raison pour laquelle, selon lui, les services compétents du Coud prennent tout le temps nécessaire pour finaliser des contrats solides et durables avec les repreneurs.
Interrogé sur la question, un agent du service du budget confie que l’entreprise traine une dette qui se chiffre à plus de 6 milliards FCfa. Alors il demande aux autorités de faire un budget réaliste pour éviter les grèves cycliques au cours de l’année car les dépenses du Coud dépassent sa capacité à les prendre en charge.

Le restaurant “Argentin” à des Franco-Marocains

Bada Seck, un repreneur qui était en contrat avec le Coud concernant le restaurant de la FASTEF entre 2011 et 2015 confie que les suspensions récurrentes de services, les grèves des repreneurs ainsi que celles de leurs employés sont dues à la lourdeur de la dette du Coud vis à vis de ces prestataires de services. A l’en croire, le respect des termes des contrats est souvent violé par l’Etat à travers le Coud et le fait est presque habituel. Ce qui fait que les banques leur mettent très souvent la pression. Quant à Ndop Seck, syndicaliste, il s’étonne du fait que les autorités aient confié le restaurant “Argentin” à des Franco-Marocains beaucoup plus chers que les nationaux ainsi écartés.

En effet, Abdoul Aziz Gueye du service de l’approvisionnement confirme l’arrivée de l’entreprise étrangère : Oui, «Ansamble» va officier, cette année, (2018 NDLR) au Restaurant Argentin, dont il est le repreneur. D’ailleurs, les Français ont déjà procédé à la réhabilitation et à l’installation d’appareils de dernière génération devant faire fonctionner ce restaurant. Quid des prix des tickets engagés par l’état ? Il entretient le flou total mais tout porte à croire que le Coud va décaisser très fort.

“L’Université de Dakar est assise sur une poudrière”. Le constat est du Président des cadres du Centre des œuvres universitaires, Baidy Fofana. Et pour cause, les repreneurs des restaurants, asphyxiés par les dettes et au bord du gouffre, menacent de fermer portes sous peu. D’un autre côté, le collectif des amicales des étudiants met souvent la pression sur la Direction du Coud pour l’ouverture sans délai de tous les restaurants des campus. Une situation qui risque d’être explosive si le Gouvernement ne trouve pas une solution définitive. Et selon le Dr Fofana, le problème des restaurants universitaires est dû à un déficit budgétaire, puisque les charges fixes sont supérieures aux ressources disponibles. Les recettes internes ne permettant d’ailleurs pas de couvrir le manquement se désole-t-il.

« Une bombe sociale à désamorcer »

Pour cette employée du restaurant “Self” sous le couvert de l’anonymat, les difficultés actuelles entre le Coud et les repreneurs sont en grande partie dues à la mesure du Président Sall de baisser les tickets de restauration et aussi d’augmenter le montant des bourses.

Une situation qui pousse à s’interroger sur la nécessité d’évaluer ou de procéder à un audit de la privatisation de ces restaurants, qui dure depuis 24 ans.

Sur un autre registre, avec 6 mille nouveaux lits et 30 mille étudiants supplémentaires attendus au campus, dès la rentrée 2019, les mesures d’accompagnement ne sont pas pour le moment au rendez-vous. “Une véritable bombe sociale à désamorcer le plus rapidement possible”, a signalé le Président des cadres, d’autant plus que nous nous dirigeons vers une année électorale…

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*