La mer de Yarakh, un déversoir de déchets

Réputée auparavant pour son abondance en poissons, la mer de Yarakh subit de plein fouet une pollution, du fait de l’action humaine. Des déchets de toutes sortes et des eaux usées y sont déversés au quotidien par les populations riveraines. Ce qui a comme résultat une insalubrité chronique de la plage.

C’est devenu le déversoir de tout Yarakh.  La mer de cette localité reçoit tous les déchets issus des ménages, à proximité. Les populations riveraines ont fini par s’habituer à cette insalubrité permanente de la plage. Une marée haute prévaut cette matinée et les vagues atteignent facilement les murs de clôture des maisons, sises à quelques mètres de la mer. Un vent frais souffle sur Yarakh et les enfants profitent pleinement de ce temps clément. Mais, inconscients du danger, ils jouent pieds nus dans les ordures.  C’est à leurs risques et périls, car ils sont exposés aux microbes contenus dans ces déchets, pouvant être source de maladie.

Des sachets plastiques, des pneus, des bouteilles en verre, des canettes de bière et toutes sortes de déchets jonchent  la plage.  A perte de vue, on peut voir et facilement constater les déchets repoussés sur la plage par les vagues. À côté des habitations qui longent la plage, des animaux divaguent et leurs restes se mélangent à l’eau de mer et aux ordures. «Ce sont les habitants qui salissent la plage en y jetant leurs ordures » confie une femme qui sèche son linge. L’insalubrité de la plage est d’après elle, un problème récurrent et qui mérite d’être traité avec plus de responsabilité. « On nettoie souvent la plage, mais ça ne sert à rien, puisque les habitants n’ont pas où jeter toutes leurs ordures » poursuit-elle.

Les eaux usées aussi

La plage de Yarakh est non seulement polluée par les ordures ménagères  et toutes sortes, mais elle l’est  aussi par les eaux usées. Accompagnée d’une fille, une dame est venue déverser une bassine d‘eau usée sur la mer. C’est une scène qui est très fréquente à Yarakh. Les ménagères font de la mer, leur déversoir de tous liquides qu’elles ne peuvent plus utiliser. Ce phénomène persiste parce que jusqu’à présent, il n’y a pas de garde-fou pour parer ce désastre écologique. Ces populations qui vivent essentiellement de la pêche ne savent pas que cette pollution peut causer la perturbation de l’écosystème marin et la fuite des poissons. Ce qui impactera négativement sur leurs revenus.

Outre les femmes de ménage, une autre activité contribue à la pollution de la mer de Yarakh. Les ouvriers d’une entreprise de construction ont branché des tuyaux dans les fosses septiques et qui se déversent directement  à la mer. Une odeur nauséabonde se dégage, et sous la supervision de parents inactifs, des potaches y jouent aisément. Ce liquide noirâtre change même, dans certains endroits, la couleur du sable marin.

Toutefois, il semblerait que cette insalubrité de la plage ne dérange pas les populations. Elles regardent leurs enfants jouer dans la saleté avec les mains et ne font rien pour les en empêcher. Ce phénomène va forcément perdurer, car depuis longtemps, des mesures sont à chaque fois prises par les autorités, mais le mal persiste.

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