A Diogo, une école élémentaire d’excellence

Isolée dans le village de Darou Fall dans la commune de Meouane, l’école de Diogo est l’un des nombreux cous élémentaires que compte la localité. Elle a cependant la particularité d’être la meilleure en termes de résultats dans la collectivité et compte une majorité de filles parmi ses effectifs.

C’est vêtu d’un boubou blanc et assis sous l’arbre occupant la place centrale de l’école élémentaire et que l’on trouve le directeur de l’école élémentaire de Diogo Papa Faye.
« Cette école, construite en 1962 a été  inaugurée par le Président Senghor lui-même », déclare le sexagénaire nommé a la tète de l’institution en octobre 2004 et qui compte 34 ans de carrière au service de l’éducation nationale.
« C’est a partir de 1982 seulement que l’école élémentaire de Diogo a pu obtenir le cursus complet c’est à dire les six classes qui composent l’élémentaire », affirme t-il fier de ce que son école est devenu.
De l’aveu du directeur aujourd’hui « les parents affluent à l’école ». En effet, les parents d’élèves de la localité riche de ses industries extractives se sont rendu compte que ceux qui étaient instruits occupaient de meilleures postes au sein des usines d’exploitation minière que compte la localité. « Voila pourquoi désormais, priorité est donnée à l’éducation ».

Auparavant  dans le village, les parents préféraient amener leurs enfants aux  champs pour qu’ils les aident dans leurs activités maraîchères. De nos jours, les choses ont changé. Et cela s’explique paradoxalement par l’arrivée des industries extractives sur la zone selon l’enseignant. « A mon arrivée en 2004 la classe de Cours d’initiation (C.I.) comptait vingt élèves maximum par année. Contrairement à Aujourd’hui où ils y sont soixante-onze ».

<< 92% de réussite au Certificat de fin d’études élémentaires(CFEE) >>

En plus de faire le plein-au point qu’elle a du procéder à l’extension de ses salles de classe avec l’aide de Global cote Opérations -l’école de Diogo est une exception dans son genre. Malgré sa situation en milieu rural où les conditions ne sont pas favorables comparé aux écoles situées en zone urbaine l’école élémentaire présente fièrement un taux de réussite de quatre vingt-douze pour cent (92%) de réussite au Certificat de fin d’études élémentaires(CFEE). Elle est d’ailleurs classée première dans la commune selon la fiche de l’inspection académique que son directeurs nous montre volontiers.

 

<< 45% de garçons contre 55% de filles dans  les salles >>

L’école élémentaire de Darou Fall présente aussi un visage peu commun vu sous un autre angle ; elle a la particularité de compter 45% de garçons contre 55% de filles dans  ses salles de classe.

les filles plus nombreuses que les garçons dans les salles de classe

« Cette disparité s’explique par le travail des enfants, notamment celui des garçons, dans les champs qui est une réalité dans la zone où le maraîchage est un des principaux moyens de subsistance des populations.

Dans cette école de Diogo, les résultats sont au rendez-vous malgré «l’abandon de l’Etat » que fustige le directeur de l’école. Ici les moyens manquent manifestement. En effet, l’école élémentaire de Diogo ne bénéficie pas de salle informatique, outil pédagogique indispensable de nos jours de l’avis même de Monsieur Fall enseignant en classe de CE1. De son avis, « l’outil informatique est notre seul bémol » avant d’ajouter que la plupart de ses  des élèves vont jusqu’au brevet sans avoir jamais touché un ordinateur, « ce qui est grave », fustige t-il.
 » La faute au manque d’électricité », souligne le directeur Papa Faye, « mais aussi au manque de volonté des autorités », ajoute pour sa part son collègue.
« Depuis 3 ans nous recevons une subvention de l’état », révèle cependant son directeur. Et ce que l’Etat nous octroie « si minime soit il, est important pour nous car nous n’avions aucun soutien auparavant ».
Pour les dépenses additionnelles, « ce sont les parents d’élève qui se cotisent pour y pallier ». Ce fut le cas par exemple lors la chute d’un mur qui avait cause la blessure d’un élève. Les parents avaient alors pris en charge de façon solidaire les soins de l’enfant avant de procéder à l’érection d’une clôture autour de l’école grâce a l’apport des parents.
« Ce sont eux qui se sont cotisé pour ériger le portail de l’école ».
« Nous le corps enseignant payons de notre propre poche l’électricité de l’école » indique tout de même le directeur qui tient à fustiger l’absence de l’action de l’Etat pour améliorer les conditions de travail au sein de l’éducation nationale ».

« L’Etat a abandonne l’éducation », c’est le sentiment de ce directeur d’école qui semble avoir perdu toute illusion. « Ils ont l’habitude de dire que nous les enseignants, nous ne demandons que de l’argent », déclare t-il un ton desolé avant de soutenir que « l’intrant de qualité pour l’école sénégalaise  c’est inéluctablement l’enseignant ».

 

 

Cheikh Ahmadou Bamba Niang

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